Le Pékin "moderne"

Publié le par yann zou

Quelques vaines considérations ! sur la métamorphose de Pékin, inéluctable, accrochée au train fou des J.O. La  modernité en Chine? Trois textes qui se répondent et répondent a mes sentiments sur place en janvier dernier.
Trois textes qui mettent des mots sur mes impressions relayées il y a peu par une interview de Jia Zhang Ke qui décrivait des pékinois dépassés par la tournure des mouvements de grues de leur ville. En janvier, j'ai bel et bien cru voir des pékinois qui ne reconnaissaient pas leur ville... Moi aussi... en tant qu'ancien Beijingren ! 
 
Une modernité qui asseche Pékin, qui la rend laide, sans ame, inculte, qui chasse les traditions jugées non politcally correct-  "mondialisation correct"- puisée sur le modele de la ville de Shenzhen crée il y a 20 ans.  Comment devenir plus occidentale qu'une ville occidentale sinon en l'hygiénisant - obsession occidentale- a tout crin ? Plus l'hygénisiation politique...

Intéressante sortie d'Attali sur Pékin... Il ne voit pas les interstices de "l'authentique" - pauvre ugolin ;  ) -  qui subsitent... mais pour combien de temps encore ... et pour qui ? Le fameux " lao beijing" ! le Vieux Pékin ! Exemple d'interstices: un chauffeur de taxi en janvier qui me fit un cours sur les criquets - la discussion s'envola sur ma question sur les tsstsss qui sortaient de sa poche ! -  les poissons et les ménates, attributs du vrai Pékinois selon lui. Car Attali a raison, Pékin, "ville sans ame, sans histoire", en oubliant que c'est une caractéristique de l'urbanisme chinois en général ! On peut tout de meme trouver l'ame et l'histoire de la Chine chez certains chinois, c'est beaucoup... Attali ne parle pas chinois pour s'en rendre compte.
Inquiétante et absurde nouvelle sur la chasse aux " ventres nus" de Pékin. Pékin veut devenir Singapour. Elle y perd surement son ame. S'en soucie t-elle ? blablablabla ;  )  :

- Voir Kenneth White et le concept de "Cité cancer". Pékin ? oui... au "propre" comme au figuré.
- Question: Y- a- t-il un Henry David Thoreau chinois ? Surement !


IMGA0810.JPGVue de chez  Blaise. Quartier Pékinois périphérique. Limousine au garage.

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Mirage d'hiver pékinois...

ebolavir : L'urbanisation et l'augmentation de densité des villes s'accompagnent d'une "normalisation" qui vise à assécher la vie traditionnelle, artisanat, commerces et loisirs sur le trottoir, métiers de la récupération et du petit transport, circulation à vélo. Les avenues modernes ne servent qu'aux voitures. La classe des cadres confisque l'espace du pays pour son usage. Une source d'instabilité de plus. L'avenir est difficile à prévoir.



 
Pékin apprend les bonnes manières
LE MONDE | 16.06.07 | 13h18  •  Mis à jour le 16.06.07 | 13h18
PÉKIN CORRESPONDANT
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Les Jeux olympiques (JO) de 2008 représentent pour la Chine un considérable motif de fierté nationale, le signe de l'importance accordée par le reste du monde à cet empire dont le nom chinois - le pays du Milieu - indique plus que jamais à quel point il est devenu un objet central des préoccupations de la planète.

 

"Sauver la face" est crucial en Asie, où chacun passe, dit-on, son temps à essayer de ne pas la perdre. Les autorités de Pékin s'attachent donc à soigner leur réputation. Il s'agit d'être digne devant les foules d'étrangers qui débarqueront, en août 2008, dans la capitale pour les XXIXes Olympiades.

Les mesures prises sont diverses, toujours dans le souci de rehausser la réputation de Pékin, à moins de cinq cents jours du début des festivités. "On va profiter des JO pour appeler la population à faire des efforts de civisme, ce qui nous permettra à l'avenir de continuer dans la bonne voie", explique Shao Ziqiang, responsable adjoint de la communication du Bureau du comité d'organisation des Jeux olympiques de Pékin (Bocog).

La priorité est de convaincre les Pékinois de bien se conduire, sous-entendu de se comporter de manière plus disciplinée. Les Beijinren (Pékinois) ont en effet une propension marquée à se bousculer sans vergogne pour grimper dans les bus bondés, à injurier l'adversaire durant les compétitions sportives et à cracher à tout bout de champ sur les trottoirs. Des campagnes ont été lancées dans l'espoir d'en terminer avec de telles pratiques susceptibles de choquer les cohortes de "long nez" et autres diables étrangers qui déferleront sur Pékin à l'été 2008.

 

"VEUILLEZ NE PAS CRACHER"

 

Même si M. Shao estime que les Pékinois ne sont pas forcément les seuls à blâmer : "A Pékin, il y a en permanence une forte population de touristes qui ne sont pas conscients de la nécessité de bien se conduire." Il ajoute, définitif, s'appuyant sur un sondage aussi mystérieux qu'improbable : "70 % des crachats sont émis par des provinciaux !"

Quelles que soient leurs origines, les cracheurs feraient mieux de déglutir s'ils veulent éviter d'être pointés du doigt par de dévoués bénévoles que l'on a vu tancer dans la rue les contrevenants le jour d'une campagne anticrachat. Dans l'arrondissement de Xicheng, un ensemble historique de rues étroites et d'anciens palais situé le long des beaux lacs de Houhai, au nord de la Cité interdite, l'une des responsables du comité de quartier nous a remis un exemplaire d'un petit sac de plastique destiné à recevoir des "crachats civilisés" : "La civilisation commence par des détails, peut-on lire sur la pochette de plastique, veuillez ne pas cracher !"

Une autre bataille s'est parallèlement déclenchée dans les bus et aux arrêts : les 11 de chaque mois ont été décrétés "jours de la file d'attente". Ces jours-là - la date a été choisie parce que le chiffre 11 peut faire penser à deux personnes faisant la queue... -, des sortes de "policiers de la politesse" veillent dans les bus à ce que les passagers embarquent en bon ordre. Selon les chiffres officiels, il y aura bientôt 4 000 fonctionnaires, contrôleurs et surveillants, chargés d'imposer la politesse aux Pékinois dans les transports en commun.

 

GUERRE AUX "VENTRES NUS"

 

Dernière et ultime bataille, qui ne semble pas avoir été couronnée de succès, la guerre aux "ventres nus" des hommes se poursuit. Les messieurs ont en effet l'habitude à Pékin de dévoiler leur estomac en remontant leurs tricots de corps sur la poitrine quand la chaleur de l'été se fait par trop insupportable. Il y a cinq ans, le Quotidien de la jeunesse de Pékin avait même lancé un concours, exhortant les passants à repérer ceux qui avaient enlevé le haut dans les hutong, les ruelles du Vieux Pékin. Interrogés sur leurs habitudes par un reporter étranger, les vieux avaient balayé ces objections, estimant qu'"être assis devant chez soi torse nu fait partie de la culture chinoise !" Aujourd'hui, on se promène encore le ventre nu le soir venu.

Parce que personne ou presque ne parle les langues étrangères dans la capitale chinoise, les policiers sont en train de recevoir, depuis sept ans, des cours de formation accélérée d'anglais. Dans l'immense centre d'entraînement national des officiers de police, situé au pied de la Grande Muraille, le commissaire Zhao Yuan, une dame d'une quarantaine d'années sanglée dans un uniforme immaculé, admet que, "pour les 46 000 policiers de Pékin, cela représente un défi, car l'environnement n'est pas propice à l'apprentissage des langues". L'objectif est pourtant que 60 % des effectifs parviennent à passer un examen d'anglais de premier niveau.

Certains officiers supérieurs ont même été envoyés à l'étranger, notamment en Grande-Bretagne et en Australie, pour perfectionner leurs connaissances. Mme Zhao précise qu'"un manuel rédigé en sept langues, dont le russe, le coréen et l'arabe, va être remis aux agents de la force publique pour leur permettre de savoir utiliser des formules de politesse minimales quand ils devront communiquer avec des étrangers".

Une visite dans les salles de classe du centre d'entraînement permet de voir de jeunes recrues s'adresser entre elles en anglais dans le cadre de jeux de rôles distribués par leurs professeurs en uniforme. Encore quatorze mois pour être à la hauteur.

 

"DÉSODORISER" LES TAXIS

 

Les taxis le seront-ils ? On peut en douter alors qu'ils sont notoirement réputés pour ne pas savoir un mot d'anglais et ignorer jusqu'au nom des hôtels cinq étoiles des grandes chaînes internationales, dont l'appellation a été sinisée ? Au siège d'une des plus importantes compagnies d'Etat de taxis de la capitale, on a pris les choses au sérieux. Wang Dongfeng, responsable du Parti communiste chinois (PCC) pour l'entreprise, estime que les chauffeurs doivent se comporter comme des ambassadeurs de la ville. "Nous leur demandons de s'adresser poliment aux clients, de leur souhaiter la bienvenue, de veiller à la propreté des sièges et de désodoriser leurs véhicules", explique-t-il.

Et d'apprendre des rudiments d'anglais : en cet après-midi surchauffé, une cinquantaine de chauffeurs en uniforme bleu sont réunis dans une salle où officie l'un des leurs, improvisé professeur d'anglais. Tout le monde répète en choeur dans une ambiance plutôt dissipée : "Airport ! Madam ! Sir ! How are you ? Good Morning ! Thank you !"

Le "maître", qui nous a accueillis en affirmant qu'il était "very happy to meet you", s'esclaffe en s'efforçant de prononcer les mots. Là non plus, la bataille n'est pas près d'être gagnée.

Bruno Philip

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http://blogs.lexpress.fr/attali/
19 juin 2007

24 heures à Pekin, 24 heures à Séoul 

24 heures à Pékin, 24 heures à Séoul, cette semaine.
Pékin, qui ne ressemble plus à Pékin, mais à n’importe quelle ville américaine, sans ame ni histoire…
Pas un jour, cette semaine, sans que la Chine ne soit au cœur de l’actualité : son rôle au Darfour ; le scandale des enfants au travail dans les cimenteries ; l’achat par la Banque centrale d’actions d’entreprises occidentales; l’autorisation donnée à des banques étrangères d’acheter des titres d’entreprises nationales . Au total, une croissance si forte que, au rythme actuel, le PIB de la Chine dépassera en 2015 celui du Japon, qu’il sera le deuxième du monde en 2025 et le premier en 2040.
Mais la Chine commence à payer très cher cette démesure : les 8% les plus riches détiennent 60 % du capital financier ; avec une population vieillissant aussi vite que celle de l’Occident, 90% des Chinois n’ont ni retraite, ni assurance maladie ; les grandes agglomérations sont au moins trois fois plus riches que les zones rurales. Plus de 200 millions de travailleurs sont migrants, sans aucune protection. Le pays manquera de plus en plus de produits agricoles, d’énergie et d’eau ; l’inflation, aujourd’hui très faible, triplera dès 2007 ; en raison de la pollution, 90% des réserves d’eau et des lacs sont inutilisables et la Chine est en passe de devenir cette année la plus grande émettrice mondiale de dioxyde de carbone ; au total, la dégradation de l’environnement coutera dès 2007 plus que ne rapportera la croissance.
Bientôt, la Chine ne pourra plus ignorer ces enjeux ; elle devra augmenter à tout prix sa production agricole, arrêter d’utiliser des céréales pour produire de l’éthanol, améliorer l’environnement, son système de santé, d’éducation, et d’agriculture. Elle devra organiser une protection sociale des plus démunis et des familles. Elle devra pour cela réorienter vers l’intérieur sa production, dont les deux tiers aujourd’hui partent vers l’exportation. Elle en a les moyens : ses réserves de change dépassent le trillion de dollars et la valeur boursière de ses entreprises dépasse 1, 3 trillions de dollars.
L’Europe sera la principale victime d’une telle évolution : comme la Chine ne pourra plus soutenir le cours du dollar, celui-ci baissera, ce qui ruinera nos exportations ; et si les Etats-Unis défendent leur monnaie en augmentant les taux d’intérêt, cela fera plonger l’économie des pays européens, si endettés.
Aider la Chine à maitriser sa croissance, ce ne serait pas aider un concurrent, mais au contraire permettre d’éviter que ses soucis deviennent notre cauchemar.
Séoul, un pays là aussi en pleine croissance , à la pointe des technologies les plus avancées mais aussi, un pays anxieux, angoissé, où les jeunes ne percoivent pas clairement leur avenir.
Pékin, Séoul, capitales d’un monde grandi trop vite, vieilli trop vite.

Publié à 15:52 | Commentaires (13) | TrackBack (0)

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